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Quoi de neuf chez le maçon ?

S. Leyens - formateurPouvez-vous m’expliquer votre parcours professionnel ?
Très tôt, j’ai sillonné les chantiers avec mon père pendant les congés scolaires. La bonne ambiance au sein des équipes de maçons m’a donné envie de partager quelques journées à leur côté muni de mon petit casse-croûte. A l’âge de quinze ans, j’ai dit à mon père «  je ne veux plus aller à l’école », il m’a répondu «  tu iras travailler ! ». Quatre années d’apprentissage, le service militaire à 18 ans au 3e chasseur ardennais  à  Vielsalm (un an),…. ouvrier maçon dans  l’entreprise de mon père.


A la pension de mon papa, mon frère et moi avons repris l’entreprise durant trois ans puis nous nous sommes séparés. J’ai alors suivi une formation de chef de chantier au FOREM d’Ensival (Verviers).
J’ai fait un stage en entreprise en tant que maçon et j’y ai directement été engagé de 1989 à 1990.  J’ai vite gravi les échelons ; …puis changement d’entreprise avec statut de  contremaître, responsable de deux équipes de construction de maisons unifamiliales - et truelle à la main ! - de 1990 à 1998 (date de la faillite de cette société).
Alors, dans le but de  finir la construction de ma maison (en bio construction) avec moins de responsabilités vis-à-vis de ma vie professionnelle, j’ai pris les fonctions de chef d’équipe dans une petite entreprise proche de mon domicile pour le temps nécessaire (environ un an).
En juin 1999, je me présente dans une entreprise de travaux publics et privés de la région liégeoise pour un emploi  de contremaître et j’y travaille jusque janvier 2007.
Et aujourd’hui me voici formateur maçon et ce, depuis le 24 janvier 2007.

Quels sont les évolutions majeures de votre métier ces dernières années ?
C’est la PEB qui gère les évolutions de mon métier et qui les oriente à l’heure actuelle.  Au niveau de l’architecture, on fait ce qu’on veut et des choses qui pouvaient être impossibles sont maintenant possible grâce à l’ingénierie (un bête exemple : les porte-à-faux des grandes baies avec des systèmes de fixation dans les briques).  La PEB et donc mon métier ne feront qu’évoluer.

Comment envisagez-vous l'évolution de votre métier à l’avenir ?
Pour moi, le travail sera de moins en moins lourd pour le maçon.  Les briques seront moins lourdes ou peut-être qu’elles seront sous vide et synthétiques ?  Les matériaux seront collés plutôt que maçonnés avec du mortier, ils seront de plus en plus ajustés pour que l’utilité du mortier soit moins nécessaire.
On peut tout imaginer, la porte est ouverte à tout type de matériau mais est-ce que la mise en œuvre sera encore donnée à des maçons comme maintenant ?  Mon métier deviendra probablement un travail de monteur plutôt que de maçon.  

Par quel biais êtes-vous informé de ces modifications / nouveautés ?
C’est majoritairement via internet (veilleconstruction), le bouche-à-oreille, quelques revues (notamment Architrave).  Je me tiens également au courant des évolutions secteur construction et autre via Technoscience.  

Quels sont, à priori, les nouveaux matériaux/nouvelles techniques, lois, ... qui vont changer votre métier ?
Hormis ce dont j’ai parlé avant et à plus court terme, je pense que l’utilisation du béton cellulaire et les techniques de maçonnerie à joint mince vont s’intensifier.

A votre avis quels sont les sujets qui devraient être veillés de près ?
Les matériaux 100 % naturels mais tout est considéré comme naturel maintenant.  La terre cuite fait appel à l’industrie chimique et on ne sait pas quel est le bilan au niveau de la pollution.  Moi, ce que j’entends par 'naturel' ce sont des matériaux qui ne sont pas coûteux au niveau énergétique, des matériaux produits par la nature et renouvelables (tels que le bois ou la paille).

La paille pourrait devenir une méthode de construction, elle isole par nature dès qu’elle est compactée en botte or c’est un rebut de la culture et il demande peu de transformation.

Quelle incidence a la mise en place des normes PEB dans votre pratique du métier ?
Davantage de vigilance lors de la mise en œuvre notamment lors de la pose des isolants qui doit être irréprochable.  Une plus grande conscience de l’incidence de mauvaises pratiques, qu’on pourrait avoir, qui mettent en péril la chaine de construction et l’enveloppe du bâti.  On essaye de minimiser certains nœuds constructifs qui ne sont pas toujours évitables (ex. : crochets de liaisonnement entre brique et bloc ou pose de cornière lorsqu’elle est fixée sur le mur intérieur).

Quel regard portez-vous sur ces évolutions ?
Je trouve que c’est un plus pour la protection de la planète contre la pollution mais, vu les surcoûts, qui aura encore les moyens de construire ou de transformer ?

Comment sensibiliser les employeurs des TPE et les indépendants ?
Je crois que certaines personnes / organismes s’en chargent déjà via des formations PEB.  Tous ceux qui veulent suivre les évolutions doivent ou vont devoir se former, ce sera automatique.  Tout comme pour la sécurité sur chantier, ça a pris des années (et ce n’est pas résolu) mais c’est en cours …

Quels sujets souhaiteriez-vous voir traiter par veilleconstruction.be ?
Matériaux naturels, respectueux de la planète et de l’humain en général.

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