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En cette fin d'année, un petit conte de Noël?

Il était une fois un tailleur de pierre qui avait des mains en or. Les pierres qui sortaient de son atelier étaient d’une perfection telle que bien vite sa réputation dépassa les frontières. Il ne savait où donner de la massette et du ciseau. Lui vint l’idée d’engager du personnel mais la déception fut complète, jamais il n’aurait osé laisser sortir de son atelier des pierres aussi sordidement réalisées. Régulièrement, ses jeunes fistons venaient le supplier de le prendre avec lui pour leur apprendre le métier, mais le paternel les trouvait trop jeunes ou il n’avait pas le temps…C’est que son carnet de commandes ne désemplissait pas et qu’il s’était engagé sur l’honneur à fournir les pierres à temps. Avec les années, et bien que cette fois, ses fils furent assez grand en âge, ils ne demandèrent tout simplement plus rien à leur père… Vint un hiver, un hiver plus rigoureux que les autres… Notre tailleur de pierre bien que travaillant comme un forçat n’avait pas réussi à boucler avant les mauvais jours. N’étant plus livré en matière première, il obtint la permission d’aller lui même extraire la pierre… Funeste permission qui devait lui couter la vie… Les fils étaient en pleurs… Le téléphone alternait les condoléances des proches et les doléances des clients… Qu’allaient-ils devenir ? Ils ne savaient pas tailler la pierre, de quoi allaient-ils vivre ?

 

Le cadet dit à son frère :  « nous avons un beau carnet d’adresses, c’est là le seul bien que notre père nous ait laissé. Nous devons nous mettre en quête de praticiens qui pourront réaliser les pierres pour nous. De cette manière, nous ne nous tuerons pas à la tâche comme papa et nous pourrons continuer à vivre de la pierre". Ce qui fut dit fut fait, mais très vite, ils s’aperçurent que les artisans du coin à qui ils confiaient ces tâches demandaient un prix, selon eux, bien excessif, si bien que leur marge s’en trouvait « résumée » à la portion congrue… Il devait y avoir un moyen de faire mieux ! Leur vint alors l’idée de se renseigner sur les prix pratiqués dans les contrées voisines… Stupéfaction ! Les prix demandés étaient jusqu’à 100 fois moindre… Bien sûr, il fallait tempérer cela par le coût du transport mais cela restait une excellente opération qui leur ménageait une marge plus que confortable. De temps en temps, l’un des artisans venait bien les trouver pour quémander une pièce à réaliser mais lorsqu’ils annonçaient le prix auquel ils consentiraient à les rétribuer, ils s’en allaient penauds. Leurs visites s’espacèrent puis ils ne vinrent tout simplement plus. Quelques années plus tard, le principal fournisseur étranger des deux frères eut lui aussi une idée : « pourquoi devrai-je sous-traiter ma production à ces jeunes blancs-becs alors que je pourrais traiter en direct avec leurs clients ? »… Et notre négociant en pierre inonda le marché de produits finis à des prix parfois même inférieur au coût des matériaux bruts de chez nous. Les Frères crièrent au scandale, tentèrent de faire démontrer que cette pierre n’était pas bonne, tentèrent de faire prendre conscience de cette situation scandaleuse aux autres membres de leur corporation mais ils étaient si peu nombreux désormais… Le Royaume s’en émeut et promulgua une loi qui allait taxer la pierre qui venait de l’Etranger au motif que c’était une insulte faite à la nature… La pierre fut ainsi taxée à 300 pourcents… Elle ne tarda pas à disparaître du territoire… Nos deux frères étaient effondrés… Qu’allaient-ils faire ? Il n’y avait plus de carrière, quasiment plus de praticiens de la pierre ? Vint alors un Compagnon qui cherchait à déposer son coffre… Avez-vous quelques tâches à me confier contre le gîte et le couvert ? Hélas, répondirent-ils, nous sommes aux abois, de l’extraction jusqu’au produit fini, plus rien ne va… Avec plein de sagesse et de perspicacité, le Compagnon, en deux-trois questions eut tôt fait comprendre la misère dans laquelle ils s’étaient eux-mêmes plongés… Mais nous ne pensions pas à mal, notre paternel s’est tué à la tâche, il ne nous a pas transmis le métier, nous devions bien vivre ! Et, puis, si ce n’était pas nous, d’autres l’auraient fait à notre place… Votre père a cru bien faire, mais il a commis une faute plus grave encore que de ne pas vous transmettre son métier ! Ah, oui ? et laquelle ? Il a oublié de vous enseigner le respect du matériau et la grandeur du bâtisseur… Allons, retroussez vos manches, que nous tachions de voir ensemble ce que nous pourrons sauver…

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