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Pollutions intérieures 1 – Oh non ... elle est encore malade !

Middle_coat_of_arms_of_Luxembourg_by_SodacanMonsieur Baden travaille au Ministère luxembourgeois de la santé. Avec presque 20 ans d’expérience dans les pollutions intérieures, il s’y connaît. D’abord responsable des analyses dans le résidentiel, il s’intéresse maintenant aux lieux de travail.

Voici deux cas qu’il a rencontrés.

 

La petite fille

Elle est née en 2007. Un bébé charmant, tout va bien. Trois ans plus tard, ses parents ont déchanté. Son père, chercheur biologiste, consigne soigneusement dans un carnet tous ses bobos et maladies. Il s’est livré à quelques statistiques.

En 2 ans et 3 mois, elle a été malade 34 fois, soit tous les 24 jours. Avec les 19 traitements qu’elle a reçus, elle a passé 20% de sa vie sous antibiotiques. Des corticoïdes lui ont été prescrits 5 fois, soit 2 fois/an. Elle a même dû être hospitalisée. Et tout cela, pour traiter des fièvres, des affectations récurrentes de la gorge, du nez, de oreilles, des voies respiratoires (bronchites, angines, ...).

Ce père en parle à une connaissance qui travaille au Ministère de la santé. Monsieur Baden et son équipe analysent l’environnement, avec une attention toute particulière, pour la chambre et la salle de jeux. Que découvrent-ils ? La contamination de l’oreiller avec pas moins de 3 substances toxiques :

  • du DDT,  un biocide interdit depuis fort longtemps au Luxembourg et dans d’autres pays ;
  • un retardateur de flamme ;
  • des phtalates, dans des concentrations impressionnantes.

L’oreiller est changé, les traitements sont arrêtés. Quelques mois plus tard, elle va bien, ... enfin !
A ce jour, les maladies, jadis fréquentes, ne sont plus réapparues.

L’administration communale

Dix employés d’une administration communale ont la chance de déménager dans un ancien bâtiment du 17ème siècle. Il vient d’être entièrement rénové, c’est un cadre de travail accueillant et confortable,  un beau projet d’aménagement ! Les uns s’installent au rez-de-chaussée, les autres au grenier.

Deux mois plus tard, 8 d’entre eux se plaignent. Ils ont mal la tête ! Leurs muqueuses sont irritées, ils présentent des troubles respiratoires.

Monsieur Baden et son équipe entrent en jeu. Qu’ont-ils trouvé cette fois ?

  • au rez-de-chaussée :
    -> des retardateurs de flamme organophosphorés : le premier provient de la vitrification du  parquet. Il lui donne de la brillance et lui confère une propriété antidérapante. Le deuxième est émis par les boîtiers des imprimantes et des photocopieuses qui s’échauffent à l’usage ;
    -> des hydrocarbures aromatiques polycycliques trouvent leur source dans  la colle au goudron utilisée anciennement pour les parquets. Ils sont repris dans la liste des substances cancérigènes, leur action est à long terme ;

  • à l’étage : du dichlofluanide, un biocide interdit (repris sur la directive des biocides de la Commission européenne), a été utilisé pour le traitement la charpente et de toutes les boiseries.

On est loin du remplacement d’un oreiller ! L’assainissement est coûteux, de l’ordre de 200 000 €. Il faut enlever le parquet et masquer toutes les boiseries par une membrane spéciale. Le résultat est à l’avenant : de nouvelles mesures montrent que le lieu de travail est assaini. La santé des occupants s’est aussi améliorée : cinq n’ont plus de symptômes, deux sont en meilleure santé, une seule personne reste en souffrance.

 

Il est interpellant de constater que certaines substances interdites se retrouvent quand-même dans nos intérieurs. Si elles sont interdites chez nous, elles ne le sont pas dans d’autres pays, même européens. Les objets et matériaux, qui y sont fabriqués, y sont traités puis vendus chez nous.

Une autre source de contamination est liée à l’utilisation de matériaux de réemploi qui, dans une première vie, peuvent avoir fait l’objet d’un traitement. Monsieur Baden citait le cas d’un papier peint, pourtant écologique, contaminé au DDT. Le papier peint était structuré avec des brisures de bois. Un bois qui, dans le cadre de son utilisation initiale, avait été traité.

Il en est convaincu : « Il existe bel et bien des problèmes de santé en relation avec l’environnement. ». Ses nombreuses analyses tant en milieu professionnel que privé le lui ont prouvé. Mais alors, quels sont les risques ?

A suivre …

 

Source : Cette série d’articles est tirée de la présentation « La qualité de l’air intérieur : impacts sur la santé, résultats d’analyses, sources de contamination, prévention », Ralph Baden, Ingénieur spécialisé en matériaux, Ministère de la Santé (Grand-Duché de Luxembourg) lors de la journée de conférences organisée par le Cluster Eco-Construction et ses partenaires du projet européen Interreg IV BatiD2 sur le thème «  Santé & habitat : quelles implications pour les professionnels du bâtiment ? », le 23/10/2014 à Namur dans le cadre du salon Energie & Habitat 2014.
Source de l’illustration : « Middle coat of arms of Luxembourg » by Sodacan (own work), December 2010, Creative Commons Attribution ShareAlike 3 license, commons.wikimedia.org. Son utilisation n’engage en rien l’auteur sur un soutien ou un entérinement éventuel du contenu de l’article.

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