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Le métier d'installateur en chauffage d'ici 2012 - dossier ABILITIC

Le métier d’installateur en chauffage d’ici 2012

Veille technologique-janvier 2009

Synthèse provenant du document de référence

LE PROJET ABILITIC

Installateur en chauffage central

Perspectives à l’horizon 2012

Au printemps 2007, une douzaine d’experts wallons du secteur de l’énergie et du chauffage central se sont réunis lors de cinq ateliers de prospective. But : anticiper les principaux changements qui affecteraient le métier d’installateur en chauffage d’ici 2012, de façon à préciser les besoins en compétences qui en résulteront [1]. Il nous a semblé intéressant de présenter ici les grands résultats de cet exercice, ceux-ci demeurant encore particulièrement actuels.

 

Quels sont les principaux éléments qui modifieront le métier demain?

Les réflexions individuelles et collectives des experts ont permis de dégager une cinquantaine d’éléments pouvant avoir une répercussion sur le métier mais dix de ceux-ci ont finalement été retenus comme étant les plus importants, directement ou indirectement.

Ces dix facteurs clés appartiennent surtout à deux catégories, les réglementations et les technologies de chauffage. Si les prix de l’énergie et la disponibilité des ressources énergétiques n’y figurent pas, ce n’est évidemment pas parce qu’ils seraient négligeables mais parce que leur impact sur les différentes tâches du métier est plus diffus; par contre, ils conditionnent fortement l’évolution des technologies et l’application des réglementations qui ont été retenues comme facteurs clés.

Quelles réglementations auront un impact sur le métier de chauffagiste demain ?

Au niveau réglementaire, la principale source de changement proviendra de la directive européenne sur la performance énergique des bâtiments (PEB) : elle sera normalement en application en 2009. Celle-ci vise  à encourager une réduction des consommations d’énergie dans l’habitation individuelle via un système de certification des bâtiments. Concrètement, tout bâtiment construit, mis en vente ou mis en location recevra un classement qui dépendra de la qualité de l’enveloppe extérieure (isolation) et des performances du système de chauffage.

Les experts pensent que ceci provoquera d’ici cinq ans une réaction rapide et significative du marché immobilier (propriétaires, rénovateurs, candidats acheteurs), d’autant que beaucoup d’acteurs du secteur veulent encourager cette tendance. Or, elle modifiera considérablement le métier de chauffagiste. En effet, les propriétaires cherchant à améliorer le classement de leur bâtiment, ils imposeront aux architectes et aux chauffagistes un cahier des charges en vue d’atteindre le niveau de certification; et ces derniers devront être très attentifs à le respecter car s’ils y dérogent, ils risquent d’être pénalisés via un programme qui calcule les amendes à payer.

Les articles huit et neuf de cette même directive vont également avoir un impact significatif sur la profession, dans la mesure où ils rendront obligatoire l’entretien de tout système de chauffage et de climatisation. A l’heure actuelle, seules les chaudières au mazout doivent faire l’objet d’un entretien annuel et, dans les faits, le contrôle est inexistant. Malgré l’imminence de la mise en place de cette directive, les avis font cependant preuve d’une certaine prudence quant à la rapidité de la mise en œuvre d’un contrôle effectif sur le terrain.

Un nouvel arrêté royal sur l’accès à la profession est entré en vigueur le 01 septembre 2007, visant à regrouper les accès aux professions de chauffagiste, « sanitariste » et « climaticien ». Ce changement a été retenu lui aussi comme potentiellement important car il a des conséquences sur les compétences que devra posséder le chauffagiste demain. En effet, on ne s’improvise pas climaticien ou plombier du jour au lendemain. Toutefois, les experts ont estimé que ce regroupement des accès à la profession n’aurait pas encore dans cinq ans une incidence perceptible sur la structure ou la taille des entreprises.

De nouvelles normes pourraient aussi entrer en vigueur dans les installations existantes. En effet, il n’existe à ce jour aucune obligation de conformité si ce n’est pour les réservoirs mazout de plus de 3.000 litres. Certaines obligations pourraient être instaurées dans les installations existantes, comme cela existe pour les ascenseurs. Des brûleurs plus performants au plan environnemental pourraient par exemple être imposés dans toutes les installations d’une certaine puissance, ce qui entraînerait le remplacement de ceux qui ne sont plus conformes.

Qu’en est-il des nouvelles techniques ?

L’essor de certaines techniques déjà présentes aujourd’hui va modifier de façon très nette la pratique du métier. C’est le cas notamment pour les techniques de ventilation mécanique double flux [2] (ou système D) qui vont connaître un boom significatif d’ici cinq ans : on s’accorde pour dire qu’elles se généraliseraient dans l’ensemble des nouvelles constructions.

L’offre de maisons basse énergie (k 30 par exemple) n’en est qu’à ses débuts en Belgique. Mais, selon l’avis général, on observera un développement conséquent de ce type d’habitation dans les cinq années à venir. Or, plusieurs experts ont insisté sur l’absence de techniques de chauffage adaptées à ce type de construction, où le besoin en énergie est très faible ; et la probabilité de voir se développer des solutions réellement adaptées est assez mince, du moins dans un avenir proche.

Les experts ont aussi noté que l’utilisation de combustibles renouvelables (bois, céréales) est encore assez récente sur notre territoire et qu’elle souffre de maladies d’enfance. S’il faut s’attendre, dans les régions rurales, à une croissance des installations de chauffage utilisant ces combustibles, il faut tenir compte aussi du fait qu’elle soit limitée par la hausse du prix de ces combustibles mais aussi par d’éventuelles difficultés ou limites de l’approvisionnement.

A ce jour, le recours aux pompes à chaleur utilisant la géothermie est en émergence et cette technique demeure globalement méconnue et mal maîtrisée. Les experts ont hésité entre une croissance limitée et une extension significative mais l’hypothèse de croissance limitée leur a semblée plus vraisemblable. En effet, la maîtrise de cette technique par les chauffagistes ne sera probablement pas très différente d’ici cinq années et une hausse du prix relatif de l’électricité demeure de l’ordre du possible.

Dans les prochaines années, le solaire thermique ne connaîtrait pas d’évolution notable en ce qui concerne l'eau chaude sanitaire, principalement à cause d’une suppression annoncée des primes et malgré une obligation éventuelle dans les nouvelles constructions ; et il resterait très marginal en chauffage. Le caractère prioritaire de l’énergie solaire ne faisait d’ailleurs pas l’unanimité au sein des experts, certains soulignant que son apport énergétique est peu intéressant eu égard à l’investissement très important qu’elle requiert. 

Le dernier facteur de changement évoqué réside dans la rénovation des logements ou bâtiments existants. Du fait des prix de l'énergie, on devrait assister à une augmentation des travaux de rénovation mais ceux-ci se limiteraient souvent à un remplacement de chaudières.

L’accompagnement de ces évolutions

Au cours de ces ateliers, une réflexion a été menée aussi sur les meilleures manières d’accompagner voire d’encourager ces évolutions.

Les propositions les plus fréquentes portent sur la diffusion de guides de bonnes pratiques pour ces différentes technologies (ventilation système D, chaudières utilisant les combustibles renouvelables, pompes à chaleur,…). Dans le même ordre d’idée, l’instauration d’un label de qualité a souvent été suggéré pour ces nouveaux systèmes de chauffage: il permettrait de rassurer les particuliers quant à la compétence des installateurs. Les experts ont également souligné le caractère primordial d’actions réussissant à améliorer la formation initiale et continuée.

Une bonne information des particuliers et des professionnels sur les nouvelles normes et techniques constitue elle aussi un point de vigilance pour le futur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelles seront les compétences les plus mobilisées suite à ces évolutions ?

Aussi bien l’installateur chef d’entreprise que son personnel seront amenés à enrichir ou renforcer leurs compétences. En effet, les nouvelles réglementations ou technologies prévisibles impliquent d’acquérir des compétences généralement nouvelles. Par ailleurs, ces évolutions amèneront à mobiliser beaucoup plus souvent certaines compétences actuelles (nous parlerons de compétences-clé).

Des nouvelles compétences techniques et relationnelles sont à acquérir

Tout d’abord, il ne faut pas sous-estimer le fait que les nouvelles réglementations vont impliquer des compétences assez nouvelles.

En effet, le certificat de Performance énergétique des bâtiments (PEB) et l’entretien obligatoire de tous les systèmes de chauffage (cf. Directive européenne) exigeront chez l’installateur une compétence assez neuve : celle de pouvoir conseiller le client sur les solutions les plus pratiques et financièrement les plus intéressantes pour la réhabilitation énergétique d’un bâtiment existant. Même les ouvriers risqueront d’être interrogés informellement par les clients. L’augmentation prévisible des travaux de rénovation aura les mêmes conséquences.

Ce sont les opérations d’entretien imposées par la réglementation issue de la Directive européenne qui impliqueront le plus souvent de nouvelles compétences chez les ouvriers. En effet, cette obligation concernera aussi les installations moins conventionnelles telles que les systèmes de ventilation, les chaudières à pellets, les chauffe-eau solaire ou éventuellement les pompes à chaleur, ce qui représente un fameux défi en termes de polyvalence ou bien en termes de spécialisation!

Bien entendu, l’évolution des technologies demandées par le marché (et les pouvoirs publics) va jouer elle aussi un rôle important.

En premier lieu, il y a la forte croissance attendue pour les systèmes de ventilation mécanique double-flux (D). Le chef d’entreprise ayant décidé de s’investir dans ce « nouveau métier », devra être capable de concevoir l’installation d’un tel système (dimensionnement du groupe et des gaines, équilibrage du réseau,…). Selon leur niveau, les ouvriers devront être capable soit de placer et isoler correctement les conduites, soit d’installer l’appareil de ventilation et sa régulation, soit de régler le système.

Dans le segment plus étroit du bois-énergie, l’installateur chef d’entreprise devra être en mesure de conseiller objectivement les clients sur les diverses solutions envisageables, ainsi que sur leurs implications  (approvisionnement, traitement des cendres, cheminée,…). Quant à son personnel, il devra surtout maîtriser l’installation du stockage et de l’alimentation en combustibles, ainsi que le réglage et l’entretien.

Dans les nouvelles constructions, principalement celles à basse énergie, un chauffage central classique risque de devenir de plus en plus rare. Les chauffagistes devront donc apprendre à proposer diverses solutions de chauffage individuel, comme par exemple le convecteur électrique, le poêle à bois ou à pellets. L’installateur de chauffage sera aussi amené plus souvent à concevoir des systèmes avec pompe à chaleur géothermique (type de PAC le plus adéquat, dimensionnement, …) ; et le personnel devra posséder les notions de base permettant d’installer une pompe à chaleur de façon optimale. La situation est semblable chez ceux qui seront appelés à placer et raccorder des capteurs solaires en toiture.

Des compétences actuelles seront davantage mobilisées (compétences-clé)

L’élargissement des solutions techniques en matière d’énergie n’implique pas seulement de nouvelles compétences techniques : le patron d’une entreprise de chauffage central devra maîtriser plus que jamais des compétences relationnelles et managériales.

En effet, il devra bien plus souvent conseiller le client, se tenir informé des évolutions techniques et réglementaires, analyser de façon critique les diverses offres de matériel, choisir le meilleur fournisseur. Et la nécessité de faire face aux nouveaux défis énergétiques impliquera qu’il soit particulièrement à l’aise dans l’adaptation des installations existantes, ainsi que dans la gestion de leur maintenance (interprétation du problème rencontré par le client,…).

Au niveau des ouvriers en chauffage, les experts ont identifié plusieurs impacts sur leurs tâches et compétences actuelles.

Tout d’abord, il semble très probable que les compétences en électricité-régulation et en maintenance seront beaucoup plus souvent sollicitées dans les années à venir. On aura de plus en plus besoin de chauffagistes (ou d’électriciens) à l’aise dans la régulation, l’électricité et l’électronique, et pour divers types d’installation. En effet, placer et paramétrer les équipements électriques et de régulation figure en bonne position parmi les savoir-faire appelés à se développer, de même que le diagnostic des disfonctionnements électriques ou de la régulation.

La diversification des équipements de chauffage impliquera aussi que le personnel soit en mesure de réceptionner soigneusement ces nouveaux matériels, détecter les anomalies éventuelles à leur arrivée, lire les instructions de montage, les assembler correctement. Une plus grande compétence dans l’isolation des canalisations ou des appareils et dans le raccordement d’échangeurs semble enfin logique pour la pompe à chaleur géothermique, ainsi que dans le cas des chauffe-eau solaires.

Enfin, des formations visant à perpétuer l’apprentissage de la soudure (acier) et le maniement de l’outillage utilisé en rénovation devront être mises en place ou maintenues pour pouvoir faire face aux travaux de rénovation dans l’habitat existant.

Un métier bourré de défis

En conclusion, on constate que le métier d’installateur en chauffage va devenir de plus en plus complexe et diversifié, méritant bien son titre de « techniques spéciales ».

La profession réussira-t-elle à attirer des jeunes dans les sections de l’enseignement ? Les très petites entreprises qui composent en majorité le secteur seront-elles en mesure de faire face à ces nouveaux défis alors qu’il leur est déjà si difficile de recruter le personnel dont elles ont besoin et qu’elles manquent de temps pour assurer sa formation continuée ? Pourront-elles opter pour la polyvalence ? Ne devront-elles pas se spécialiser, en tout cas au niveau de leurs fournisseurs ? Voilà en tout cas des questions que se posaient les installateurs affiliés à l’UBIC et réunis le 12 décembre pour assister à une présentation de ce travail.

 



[1] On trouvera sur le site www.abilitic.eu/ plus d’informations sur la méthode et les résultats de ce vaste projet coordonné par le CRP Henri Tudor (Grand Duché du Luxembourg) et réalisé en partenariat avec la MIRELUX, la Confédération Wallonne de la Construction et avec le soutien technique de l’IWEPS (Institut Wallon d’Evaluation, de Prospective et de Statistique), dans le cadre d’un projet Interreg ABILITIC .

 

[2] Ce système permet de limiter les pertes de chaleur inhérentes à la ventilation : il récupère la chaleur de l’air vicié extrait de la maison et l’utilise pour réchauffer l’air neuf filtré venant de l’extérieur.

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